Il ne s’agit encore que de la première défaite de la saison. Sur le papier, perdre 3-2 à Sassuolo après deux victoires et un nul n’a rien d’un séisme suffisant pour ouvrir un débat sur l’avenir immédiat de Luciano Spalletti. Pourtant, la manière dont la Juventus s’est effondrée à la 94e minute a brutalement changé le ton autour de son entraîneur. Les choix, l’équilibre de l’équipe et jusqu’à son attitude après la rencontre sont désormais tout autant discutés que le simple résultat. Plusieurs réactions de tifosi recensées ce lundi vont déjà jusqu’à affirmer que « les crédits sont terminés ».
Une défaite qui renvoie directement à ses choix
Le premier reproche est tactique. La Juventus venait d’égaliser à 2-2 lorsque Spalletti lui a demandé d’aller chercher la victoire. Le coach l’a assumé lui-même : ses joueurs ont peut-être suivi sa consigne « trop à la lettre ». Résultat, huit Bianconeri sont partis attaquer sur une même action et Vasilije Adzic a trouvé une autoroute pour inscrire le 3-2. Ce n’est donc pas une simple faute individuelle : la défaite touche directement à la gestion du risque voulue par l’entraîneur.
Le problème est renforcé par ce qui précède. Depuis plusieurs semaines, Spalletti explique vouloir une équipe capable de contrôler ses distances, de compenser les mouvements et de changer de système sans perdre son équilibre. Or Sassuolo a montré exactement l’inverse dès que la rencontre est devenue émotionnelle. Certains observateurs lui reprochent aussi son insistance avec Kolo Muani malgré son manque d’impact, plusieurs joueurs utilisés hors de leurs zones naturelles et une équipe encore difficile à lire malgré de longs mois de travail.
Non piangere… #spalletti #sassuolojuve #skycalcioclub pic.twitter.com/fwXUWW0Bbt
— DanilodaFiumicino (@dafiumicino) September 13, 2026
La nervosité du post-match n’a rien arrangé
La séquence avec Giovanni Guardalà sur Sky a ajouté de l’huile sur le feu. Lorsque le journaliste a commencé son analyse, Spalletti l’a interrompu par un « Ne pleure pas, ne pleure pas » qui a surpris son interlocuteur. L’échange a immédiatement alimenté les critiques sur les réseaux, où certains supporters ont vu davantage de nervosité que d’ironie.
🚨⚪️⚫️ Juventus CEO Carnevali: “We are not planning any change of manager. Luciano Spalletti is an extraordinary coach”.
“Changing the coach is not part of my usual plans”, told Radio Anch’io lo sport. pic.twitter.com/2AsqQtMtsa
— Fabrizio Romano (@FabrizioRomano) September 14, 2026
C’est ici que le contexte devient important. La veille, Spalletti avait refusé de transformer les nombreuses blessures en excuses, affirmant que la Juventus devait « aller au-delà de tout ». Après Sassuolo, il devient donc difficile de se réfugier derrière l’infirmerie, même si elle explique évidemment une partie des difficultés actuelles.
3 – La #Juventus ha subito tre gol dal 65′ in avanti in una gara di #SerieA per la prima volta dal 7 luglio 2020 (Milan-Juventus 4-2). Disattenzione. #SassuoloJuventus
— OptaPaolo (@OptaPaolo) September 13, 2026
Carnevali protège Spalletti, mais lui demande du temps
Giovanni Carnevali n’a toutefois lancé aucun ultimatum. Bien au contraire. Le dirigeant bianconero a qualifié Spalletti d‘« entraîneur extraordinaire, l’un des meilleurs en absolu » et assuré que changer de coach n’entrait pas dans sa philosophie. Il réclame « du temps » et « de la patience », tout en prévenant que la Juve devra encore « avaler des bouchées amères ».
C’est précisément là que se situe aujourd’hui Spalletti : pas menacé institutionnellement, mais beaucoup moins protégé par l’enthousiasme extérieur. Sassuolo n’a pas détruit son projet. En revanche, cette défaite a retiré une partie du bénéfice du doute dont il disposait. Et avec l’Europe qui commence puis l’Atalanta qui arrive, la prochaine réponse devra venir du terrain.












