La Juventus venait de réaliser le plus difficile. Menée 2-1 à Sassuolo, elle avait égalisé à la 91e minute grâce au deuxième but d’Edon Zhegrova et semblait au minimum avoir sauvé un point. Trois minutes plus tard, Vasilije Adzic partait pourtant en contre et infligeait aux Bianconeri leur première défaite de la saison (3-2). Luciano Spalletti n’a pas cherché très loin le premier responsable de cette fin de match folle : lui-même.
« C’est moi qui les ai poussés à aller la gagner »
Après la rencontre, le technicien a reconnu avoir demandé à ses joueurs de ne pas se satisfaire du nul. « C’est moi qui les ai poussés à essayer de gagner cette partie à la fin, quand nous étions à égalité. Peut-être que les joueurs ont appliqué cela un peu trop à la lettre », a-t-il expliqué.
Ce n’est donc pas l’ambition qui dérange Spalletti, mais la manière dont elle a été interprétée. La Juventus s’est projetée presque entièrement vers le but de Sassuolo alors qu’il restait seulement quelques secondes.
Huit joueurs partis à l’attaque
Spalletti a lui-même livré le chiffre qui résume le problème : « L’équipe a un peu perdu la raison en allant attaquer à huit joueurs sur un ballon ». « Derrière, il faut rester au moins en égalité numérique », a-t-il déploré.
La phrase est importante au regard du travail tactique réalisé depuis plusieurs semaines. Spalletti insiste justement sur les compensations, les distances entre les lignes et la nécessité de conserver un équilibre lorsque certains joueurs quittent leur position.
À la 94e, la Juventus a fait exactement l’inverse. Elle avait retrouvé le match et voulait soudain le gagner en une seule action. Adzic n’a eu besoin que de quelques secondes pour sanctionner cette perte de contrôle.
Spalletti assume donc la consigne. Mais il attend désormais de son équipe qu’elle apprenne à distinguer ambition et précipitation.












