Randal Kolo Muani concentre les critiques après Frosinone. Mais le vrai problème pourrait être ailleurs : la Juventus lui demande peut-être d’être un avant-centre qu’il n’est pas vraiment.
Randal Kolo Muani a été l’un des joueurs les plus commentés après la victoire à Frosinone. Son énorme occasion manquée, puis la sortie très dure de Luciano Spalletti, ont immédiatement relancé le débat sur sa capacité à devenir le numéro 9 de la Juventus. Pourtant, Nicola Amoruso pose une autre question : et si le problème venait surtout du rôle qu’on lui demande d’occuper ?
Pour l’ancien attaquant bianconero (dans les années 90), le Français n’est pas un pur avant-centre doté de cet instinct de « killer » dans la surface. Il estime même qu’il pourrait rendre davantage comme deuxième attaquant, avec un véritable numéro 9 devant lui.
Kolo n’est peut-être pas le 9 que Spalletti recherche
Le paradoxe devient alors évident. La Juve a investi 38 millions d’euros plus 12 de bonus sur Kolo Muani, tout en continuant à chercher un attaquant physique, capable d’occuper la surface et de convertir davantage d’occasions.
La Gazzetta dello Sport explique que Spalletti insiste désormais surtout pour Alexander Sorloth, dont le profil correspond davantage à cette exigence. Le Norvégien reste sur trois saisons à au moins 20 buts, alors que Kolo n’a atteint ce type de chiffres qu’une seule fois, à Francfort.
Amoruso défend néanmoins le Français et juge les critiques trop rapides. Il demande qu’on lui laisse plusieurs matches et considère que Kolo peut devenir très important dans le jeu de Spalletti.
Sa mobilité, ses appels, sa capacité à créer de la profondeur et à combiner peuvent servir la Juve, mais à condition de ne pas lui demander systématiquement d’être le joueur qui termine toutes les actions. Selon lui, l’arrivée d’un avant-centre structuré physiquement pourrait même libérer Kolo, qui retrouverait alors un rôle plus naturel.
Sorloth changerait aussi le statut de Kolo
C’est précisément ce qui distingue Sorloth de Joshua Zirkzee. L’ancien de Bologne est lui aussi davantage un « neuf et demi » qu’un buteur de surface, alors que Sorloth répond beaucoup mieux au besoin décrit par Spalletti. Son arrivée ne signifierait donc pas forcément une condamnation pour Kolo Muani. Elle pourrait au contraire lui offrir un partenaire complémentaire et modifier toute l’architecture offensive.
Le débat autour de Kolo dépasse ainsi son raté de Frosinone. Spalletti l’a voulu, la Juventus a beaucoup investi et son utilité dans le jeu reste reconnue. Mais tant qu’on lui demandera d’incarner seul le numéro 9 de surface que le coach réclame depuis des mois, le décalage entre ses qualités et les attentes risque de revenir.
Peut-être que la vraie solution n’est pas de remplacer Kolo Muani, mais de mieux l’utiliser.












