Patrice Evra n’a toujours pas tourné la page de la finale 2015 face au Barça. Derrière sa colère, il raconte aussi le caractère d’une Juve qu’il jugeait capable d’aller au bout.
Dans un entretien accordé au podcast YouTube de jftvluca, l’ancien latéral français est revenu avec virulence sur l’arbitrage de Cüneyt Çakır lors de cette finale de Ligue des champions 2015, et notamment sur le contact entre Dani Alves et Paul Pogba. « Sur Pogba, il y avait un penalty évident. J’espère que cet arbitre est en prison maintenant », a-t-il lâché, tout en reconnaissant que le Barça de l’époque restait une immense équipe.
Evra était convaincu que cette Juve pouvait aller au bout
Sa frustration est d’autant plus forte qu’Evra affirme avoir cru très tôt au potentiel européen de cette Juventus. Dès son arrivée, il avait annoncé qu’elle gagnerait le Scudetto et atteindrait la finale de Ligue des champions. Certains coéquipiers s’en étaient moqués, notamment Arturo Vidal avant le match contre Dortmund. Evra, lui, s’appuyait sur son expérience européenne pour répéter que ce groupe avait les armes pour aller très loin.
Cette conviction s’est aussi nourrie d’un vestiaire au caractère immense, mais pas toujours serein. Lors du début de saison compliqué en 2015-2016, plusieurs joueurs regrettaient Antonio Conte et mettaient en cause Massimiliano Allegri. Evra raconte avoir alors convoqué le groupe et leur avoir dit : « Vous êtes des lâches. Vous rejetez la faute sur Allegri, vous regrettez Conte, mais c’est nous qui sommes responsables. »
Une Juve qui s’est construite dans la crise
Ce discours a marqué un tournant dans son rôle à Turin. Evra explique avoir alors pleinement assumé son leadership, jusqu’à devenir l’une des voix les plus fortes du vestiaire. La Juve a ensuite enchaîné les victoires jusqu’au titre.
Pour le champion d’Europe 2008, Berlin reste donc le souvenir d’une équipe qu’il estimait suffisamment forte pour gagner l’Europe, portée par une personnalité collective qu’il avait lui-même contribué à réveiller. C’est aussi pour cela que, onze ans plus tard, le penalty oublié sur Pogba continue de lui rester en travers de la gorge.












