La Juventus a fait le plein sur le plan comptable. Avec deux victoires en deux matches, trois buts marqués et aucun encaissé, les hommes de Luciano Spalletti partagent virtuellement le fauteuil de leader avec l’Inter et l’AC Milan. Pourtant, ce bilan parfait n’a pas suffi à dissiper le scepticisme de certains observateurs italiens.
Le débat organisé sur le plateau du Sky Calcio Club a parfaitement mis en lumière ce décalage entre les points engrangés et la perception du potentiel turinois. Le consultant Stefano De Grandis a notamment positionné la Juventus seulement au cinquième rang de ses projections de fin de saison, l’imaginant terminer derrière l’Inter, le Milan, le Napoli et l’Atalanta. Si Luca Marchegiani a tempéré ce jugement en soulignant une équipe affichant au contraire « plus de certitudes », cette prudence médiatique s’appuie sur des arguments tangibles.
Des victoires qui manquent de maîtrise
Sur le terrain, la Vieille Dame gagne, mais sans écraser la concurrence. À Frosinone (1-0), la victoire a été arrachée grâce à un but contre son camp, masquant un grand nombre d’occasions gâchées. Face à Parme (2-0), l’équipe a longtemps ronronné de manière stérile avant que les entrants, Nico Gonzalez puis Teun Koopmeiners, ne forcent le verrou. Spalletti lui-même a pointé du doigt ce manque d’agressivité dans la zone de vérité, regrettant une absence criante de menace aérienne malgré une multitude de centres.
Une infirmerie pleine et un mercato en suspens
L’autre justification majeure de ce « cinquième rang » théorique se trouve à l’infirmerie. L’hécatombe est bien réelle : opéré ce lundi 31 août d’une fracture du cinquième métatarse, Kenan Yildiz sera absent près de trois mois, privant le jeu turinois de son créateur le plus décisif entre les lignes. À cela s’ajoutent Khéphren Thuram qui passe des examens pour son genou, Weston McKennie qui soigne une fatigue musculaire, et le jeune Ekhator également touché.
Alors que le mercato ferme ses portes ce mardi à 19h59, l’effectif n’est pas encore totalement figé. La Juventus avance donc escortée par un paradoxe : son départ comptable est irréprochable, mais son expression collective invite à la réserve. Le grand choc face à l’AC Milan, programmé le 6 septembre prochain, se chargera de trancher le débat et de dire si la prudence italienne était lucide ou simplement prématurée.












