Cinq journées de championnat, zéro réalisation au compteur et des doutes qui commençaient déjà à s’immiscer dans les travées de l’Allianz Stadium. Si Randal Kolo Muani a réussi à débloquer son compteur européen lors du festival offensif contre le NEC Nimègue (5-0) en Ligue Europa, son rendement en Serie A demeure pour l’instant insuffisant au regard des attentes turinoises. Profitant de la trêve internationale et d’un effectif largement allégé, Luciano Spalletti a décidé de prendre les choses en main. Au centre d’entraînement de la Continassa, le technicien toscan a instauré une véritable cure intensive personnalisée pour transformer l’attaquant tricolore en arme fatale.
Répétitions individuelles et conseils de vieux briscard
Comme le révèle La Gazzetta dello Sport sous la plume de Matteo Nava, cette longue parenthèse automnale est mise à profit pour soumettre l’ancien joueur du Paris Saint-Germain à des cours particuliers quotidiens. Conscient du déficit de repères de son numéro neuf, Spalletti a ciblé deux priorités absolues : l’apprentissage des exigences du poste de pivot dos au but face aux défenses cadenassées d’Italie, et la remise à niveau athlétique d’un joueur dont le tranchant physique s’est étiolé au fil des semaines.
Pour y parvenir, l’entraîneur de la Vieille Dame s’appuie notamment sur les secrets de métier partagés en interne par Arkadiusz Milik. L’objectif est clair : apprendre au Français à temporiser, à caler les ballons sous pression et à mieux sentir les trajectoires dans la surface de réparation, lui qui a toujours eu tendance à déserter la zone de vérité pour fuir vers les ailes. Spalletti n’entend pas brider sa nature généreuse, mais cherche à en faire un finisseur clinique lorsque les espaces se réduisent à néant.
Trouver la bonne formule aux côtés de Woltemade
Ce travail chirurgical ne se limite pas à la fixation axiale. Le tacticien transalpin teste également des configurations hybrides où Kolo Muani pourra s’excentrer pour exploiter sa percussion, notamment lorsqu’il sera associé au géant allemand Nick Woltemade. En variant les registres, la Juventus souhaite offrir à son attaquant la palette complète pour devenir imprévisible et s’affranchir de la dépendance exclusive aux transitions rapides.
À l’aube d’un mois d’octobre infernal marqué par sept rencontres en l’espace de trois semaines — à commencer par le déplacement piège à Cagliari —, Luciano Spalletti sait qu’il joue gros. Privée de plusieurs éléments majeurs à l’infirmerie, la Juventus a impérativement besoin de retrouver le Kolo Muani conquérant et affamé des grands soirs. Le commando de la Continassa n’a qu’un seul but : transformer l’ancien Parisien en patron d’attaque dès la reprise.

