Luciano Spalletti réclame une Juventus plus dure et plus féroce. Pour Alessio Tacchinardi, la solution à ce déficit de caractère présent dans l’effectif porte déjà un nom : Jhon Lucumí.
L’entraîneur de la Juventus martèle son message depuis le début de la saison. Après la victoire étriquée à Frosinone, Luciano Spalletti s’est de nouveau agacé du manque d’agressivité de son groupe dans les moments décisifs. Sur le plateau de l’émission Pressing (Mediaset), Alessio Tacchinardi a parfaitement cerné l’origine de cette frustration. « Spalletti s’énerve parce qu’il les veut plus méchants sur le terrain », a expliqué l’ancien milieu de terrain, figure incontournable et rugueuse de la grande Juve des années 90 et 2000.
La « garra » pour transfigurer la défense
Pour répondre à cette exigence de dureté, le consultant a identifié le remède idéal au sein du nouvel effectif turinois : Jhon Lucumí. L’international colombien, débarqué cet été, possède exactement la dimension psychologique recherchée par le staff technique. « J’aime les joueurs avec de la garra [de la hargne] », a détaillé Tacchinardi en direct. « Placé à la place de Lloyd Kelly, il va rendre cette défense vraiment coriace. Il sera ce leader qui mettra de la force et de l’agressivité. »
L’ex-international italien précise sa pensée en définissant le rôle exact qui attend le défenseur sud-américain. Il ne s’agit pas d’élire un nouveau capitaine de vestiaire, mais de trouver un véritable relais dans le combat physique. « On parle d’un leader mental sur le terrain, celui qui met de la méchanceté, celui qui met des coups s’il le faut ! », a-t-il insisté. Pour illustrer son propos, l’observateur a d’ailleurs convoqué le souvenir de Paolo Montero, symbole absolu de cette rudesse assumée, rappelant que le célèbre défenseur uruguayen « n’était pas un joueur hors normes techniquement, mais un véritable meneur d’hommes ».
Le pendant athlétique des créateurs
Cette lecture redéfinit totalement le statut du Colombien au sein de la rotation. Jusqu’ici perçu comme une alternative pour épauler ou concurrencer l’Anglais Lloyd Kelly, le roc défensif apparaît désormais comme une nécessité d’équilibrage pour le collectif. Pendant que Kenan Yildiz ou Francisco Conceição prennent en charge l’animation technique du jeu, Jhon Lucumí a la lourde tâche d’instaurer la férocité réclamée par son entraîneur dans sa propre moitié de terrain.

