La Juventus possède plusieurs joueurs de haut niveau dans ses rangs. Il lui manque cependant l’essentiel pour rivaliser avec le champion en titre : un élément capable de transfigurer le visage de l’équipe par sa seule présence.
La comparaison est rude, mais elle illustre parfaitement le véritable écart qui sépare encore la formation turinoise de l’Inter Milan. Interrogé lors de l’émission Aperimercato, Guido Vaciago, le directeur du quotidien sportif piémontais Tuttosport, a livré une analyse sans concession sur l’absence d’un référent absolu au sein de l’effectif de Luciano Spalletti. Pour appuyer son propos, le journaliste a dressé un parallèle direct entre les meneurs de jeu des deux rivaux historiques.
« Ils sont tous remplaçables »
« Lautaro est plus déterminant pour l’Inter que ne peut l’être Yildiz pour la Juventus », a tranché d’emblée le patron du journal turinois, soulignant une différence de statut criante. « La vérité, c’est que la Juve n’a pas de joueur, en ce moment, comme Lautaro. À l’heure actuelle, les Bianconeri n’ont pas un footballeur sans lequel l’équipe perdrait vraiment quelque chose. Ils sont tous remplaçables. »
Pour le journaliste, le niveau de l’effectif n’est pas forcément en cause, mais plutôt sa hiérarchie interne. « Il y en a certains avec un niveau un peu plus élevé, d’autres un peu plus bas, mais il n’y a aucun joueur pour lequel vous vous arracheriez les cheveux en cas d’absence », a-t-il expliqué en direct. « C’est tout l’inverse de ce qui se passe à l’Inter avec Lautaro, parce que c’est un phénomène. »
Un vide momentanément impossible à combler
Ce constat cruel met en lumière le retard de Kenan Yildiz, dont le développement vient d’être brutalement stoppé par une fracture au pied. Le club fondait de grands espoirs sur le jeune Turc pour assumer ce rôle de patron technique dès le mois d’août. « Cela aurait dû être la saison de la consécration pour Yildiz, mais il va maintenant devoir tout remettre à dans quelques mois », a déploré Vaciago, concédant au passage que seul l’ailier Francisco Conceição parvient aujourd’hui à peser réellement et constamment sur le cours d’une rencontre.
Luciano Spalletti fait donc face à un double défi. Il doit consolider les bases collectives de son équipe tout en facilitant l’émergence d’un joueur autour duquel les autres pourront s’abriter dans la tempête. Bremer s’impose en patron de la défense et Yildiz détient le plus gros potentiel offensif, mais aucun n’a encore atteint cette stature d’intouchable. Pour combler définitivement son retard sur les Lombards, la Vieille Dame devra impérativement forger son propre phénomène.

