Il a d’abord tenté d’éviter le sujet. Interrogé mercredi sur Luciano Spalletti, Aurelio De Laurentiis a commencé par lancer : « Ne me faites pas parler de Spalletti ». Quelques secondes plus tard, pourtant, le président de Naples a livré une réflexion qui ressemblait difficilement à une déclaration anodine.
« Ils restent des employés »
De Laurentiis expliquait le rôle qu’il attribue aux entraîneurs dans la structure d’un club. « Les techniciens sont nos collaborateurs, ils doivent diriger l’orchestre que représentent les joueurs », a-t-il expliqué, avant d’ajouter une phrase beaucoup plus tranchante : « Mais ils restent des employés et parfois ils ont tendance à l’oublier. »
Même si le président napolitain développait une réflexion générale, le contexte rend difficile d’ignorer Spalletti. Les deux hommes ont entretenu une relation compliquée après le titre de champion d’Italie remporté avec Naples en 2023. Leur séparation avait donné lieu à plusieurs épisodes tendus, notamment autour de l’année sabbatique annoncée par l’entraîneur puis de son départ vers la sélection italienne.
Aujourd’hui installé sur le banc de la Juventus, Spalletti se retrouve donc à nouveau indirectement au cœur d’une sortie de son ancien président. De Laurentiis n’a pas accusé directement l’entraîneur bianconero de quoi que ce soit, mais la formule sur les techniciens qui « oublient » leur statut renvoie inévitablement à leur passé commun.
Un contentieux jamais vraiment refermé
Leur histoire avait pourtant connu un sommet sportif exceptionnel. Sous Spalletti, Naples avait remporté son premier Scudetto depuis 1990, avec une domination remarquable sur la Serie A. Mais la relation avec De Laurentiis s’était détériorée au moment de préparer la saison suivante.
Le président napolitain avait ensuite plusieurs fois évoqué publiquement les circonstances de leur séparation, tandis que Spalletti avait préféré limiter les échanges à distance. La déclaration de mercredi montre que le dossier reste suffisamment sensible pour susciter encore ce type de réponse trois ans plus tard.
Pour la Juventus, cette sortie n’a évidemment aucune conséquence sportive directe. Mais elle replace Spalletti dans l’un des épisodes les plus mouvementés de sa carrière récente, précisément au moment où il tente de stabiliser son nouveau projet à Turin.

