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Spalletti dit une chose, mais ses changements racontent presque l’inverse

Luciano Spalletti réclame une Juventus féroce. Pourtant, ses choix tactiques contre Frosinone ont donné une indication presque opposée sur sa manière d’aborder les fins de match.

Luciano Spalletti n’a pas caché son irritation malgré la victoire de la Juventus à Frosinone (0-1). L’entraîneur exige publiquement davantage de caractère et de capacité à tuer les rencontres lorsque son équipe domine. Toutefois, sur le plateau de l’émission Pressing diffusée sur Mediaset, une contradiction tactique flagrante a été soulevée : pour protéger ce court avantage dans les dernières minutes, le technicien toscan n’a pas musclé son entrejeu. Il a préféré lancer Edon Zhegrova et Jérémie Boga, deux éléments au profil purement technique.

La gestion de la possession face au combat physique

Emiliano Viviano, ancien gardien de but international italien désormais consultant, a parfaitement résumé ce dilemme tactique. « À un certain moment, Spalletti fait entrer Zhegrova et Boga parce qu’il a besoin de conserver le ballon et d’ajouter de la qualité », a-t-il analysé en direct. « Mais cela va à l’encontre de son discours sur les leaders : s’il faut être méchant et ramener la victoire, lui fait des changements pour gérer la possession. Où se situe la limite entre ces deux idées ? »

Pour illustrer son propos, l’ancien portier a dressé un parallèle avec les philosophies historiques du football européen. « Une équipe peut, comme le grand Barcelone, confisquer le ballon pour se défendre. Une autre peut, comme les équipes de Max Allegri, dire : « Je suis solide, je ne prends pas de but et je ramène les trois points ». Mais Spalletti, que veut-il être ? Ses déclarations et ses actes sur le terrain racontent deux choses différentes. »

Une quête de « méchanceté » inachevée

La question du leadership au sein du vestiaire turinois accompagne d’ailleurs l’entraîneur depuis sa signature. Fabrizio Biasin, éditorialiste reconnu de la presse transalpine, a rappelé ce constat sur le plateau : « Depuis son arrivée à la Juventus, Spalletti répète qu’il a besoin de leaders sur le terrain, et il ne les a toujours pas trouvés. »

Alessio Tacchinardi, ancien milieu de terrain rugueux de la grande Juventus des années 90 et 2000, a précisé la nature exacte de ce manque. L’équipe a désespérément besoin d’un « leader mental sur le terrain, celui qui met de la méchanceté, celui qui met des coups s’il le faut ! », a martelé l’ex-international, soulignant une certaine tendresse dans l’effectif actuel.

Un équilibre sur le fil du rasoir

À Frosinone, l’approche dogmatique de Spalletti a bien failli coûter l’égalisation dans le temps additionnel, les locaux touchant même la barre transversale. « Le match allait d’un but à l’autre et il a fait entrer deux manieurs de ballon », a conclu Viviano. « Pour moi, c’est une erreur. Je pense que c’était une manœuvre pour sortir proprement et aller chercher le deuxième but. »

L’entraîneur bianconero refuse manifestement de recroqueviller sa formation dans sa surface simplement parce qu’elle mène au score. Il cherche à imposer une agression mentale tout en restant fidèle à ses principes de jeu. Trouver la bonne mesure entre le contrôle du tempo par la passe et le verrouillage défensif d’un résultat reste le chantier tactique prioritaire de ce début de saison.

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