Kenan Yildiz n’a plus trouvé le chemin des filets en match officiel avec la Juventus depuis de longs mois. Une disette qui prend une tout autre dimension à l’heure où Luciano Spalletti attend de lui qu’il s’affirme comme le véritable maître à jouer de l’équipe.
Le déplacement à Frosinone avait tout pour raviver d’excellents souvenirs à Kenan Yildiz. C’est précisément dans ce stade qu’il avait débloqué son compteur en Serie A sous les couleurs de la Juventus. Dimanche, le jeune international turc n’a pourtant pas réussi à prolonger cette romance. Son dernier but officiel sous le maillot bianconero remonte au 21 mars dernier contre Sassuolo. Une anomalie statistique pour un élément dont le statut n’a jamais été aussi élevé au sein du club.
Plus de cinq mois d’attente en compétition officielle
S’il a su faire trembler les filets durant la préparation estivale, l’attente se prolonge dès que l’enjeu comptable reprend ses droits. Sa fin de saison passée, freinée par une tendinopathie au genou, explique en partie cette baisse de régime. À 21 ans, ses accélérations, sa justesse technique et sa faculté à créer des décalages animent toujours le jeu turinois. L’exigence a néanmoins changé : le club attend désormais de lui des statistiques concrètes.
Luciano Spalletti lui a en effet confié les clés de son système offensif, lui attribuant de surcroît le prestigieux numéro 10. Sur le plateau de l’émission sportive Pressing (diffusée sur Mediaset), Alessio Tacchinardi, figure historique du milieu de terrain de la Juve des années Lippi, a parfaitement résumé l’enjeu entourant le joyau turc. « Cette saison est celle de la consécration pour devenir un leader technique », a tranché l’ancien international italien.
Le talent à l’épreuve des statistiques
Tacchinardi a ensuite dressé un portrait précis de ce que la Juventus peut attendre de son créateur, l’opposant aux profils plus rugueux du vestiaire. « Il ne sera jamais un leader par l’empathie, la force et l’agressivité, comme le sera Jhon Lucumi, qui va rendre la défense très rude. Paolo Montero n’était pas un joueur hors normes techniquement, mais c’était un vrai leader. Yildiz, lui, doit monter de niveau », a-t-il expliqué en direct. L’objectif est clair : il doit s’imposer comme celui qui décide de l’issue des rencontres par son talent pur.
C’est exactement là que se situe son défi immédiat. Yildiz possède le statut, le maillot, la confiance de sa direction et celle de son entraîneur. Il doit maintenant faire correspondre cette centralité tactique à une production offensive implacable. Alors que le débat fait rage sur le manque de réalisme de l’avant-centre Randal Kolo Muani, la pression s’intensifie sur les créateurs. Pour asseoir définitivement son autorité sur le jeu de la Vieille Dame, Kenan Yildiz sait ce qu’il lui reste à faire : relancer son compteur personnel dans les moments décisifs.












