La sortie très sévère de Luciano Spalletti à l’encontre de Randal Kolo Muani continue de faire des vagues en Italie. Sur les plateaux de télévision, plusieurs observateurs contestent fermement la forme et le fond du message.
La déclaration de Luciano Spalletti après le succès à Frosinone fait couler beaucoup d’encre. En affirmant que son attaquant « ne joue pas depuis deux ans », l’entraîneur de la Juventus a publiquement secoué son numéro 9. Lors de l’émission sportive dominicale Pressing, diffusée sur Mediaset, les figures du Calcio ont largement remis en question cette réprimande.
Une sévérité contestée et une « erreur historique »
Sandro Sabatini, journaliste historique et visage incontournable du petit écran italien, a pris la défense de l’international tricolore. « C’est une déclaration exagérément dure », a-t-il affirmé en direct. « À part ce but raté, il a fait un très bon match, donné de la profondeur, servi Conceição et Yildiz. Pour moi, il était parmi les trois meilleurs sur le terrain. » Sabatini relève également une faille factuelle dans le discours du technicien : « Elle contient une erreur historique : ce n’est pas vrai qu’il ne joue pas depuis deux ans. Il y a un an, Kolo Muani était à la Juventus et l’a aidée à décrocher la qualification en Ligue des champions. »
Emiliano Viviano, ancien gardien de but de la Nazionale passé par la Fiorentina et Arsenal, a partagé cette incompréhension. « S’il avait dit que Kolo Muani a eu des problèmes pour marquer ces deux dernières années et qu’il doit s’améliorer, d’accord. Mais que signifie « ça fait deux ans qu’il ne joue pas » ? Je ne comprends pas où il veut en venir. »
Le cap des 15 buts et la responsabilité collective
Sur le plateau, le débat s’est logiquement déporté sur les attentes chiffrées. Alessio Tacchinardi, ex-milieu de terrain emblématique de la Juve (près de 400 matchs sous le maillot bianconero), a posé un diagnostic clair : « Si Kolo Muani marque 15 buts, la Juve peut faire une excellente saison. S’il en met sept ou huit, on a un problème. »
Riccardo Trevisani, l’une des voix les plus célèbres du commentaire sportif en Italie, se montre plutôt confiant sur ce total et déplace la pression vers les créateurs. « Je ne pense pas que le problème soit Kolo Muani, qui marquera ses 12 à 15 buts », a-t-il expliqué. « Le vrai enjeu est de savoir si les joueurs autour de lui inscriront les buts nécessaires pour former une attaque à 50 réalisations et lutter pour le championnat. »
Un coup de pression adressé à tout le vestiaire ?
Face aux occasions gâchées et à la frayeur de fin de match (Frosinone a touché la barre transversale dans les derniers instants), la critique ciblant l’avant-centre cache peut-être une mise en garde globale. C’est l’analyse de Fabrizio Biasin, éditorialiste reconnu de la presse transalpine : « Le message me semble très clair : il s’adresse à Kolo Muani, mais surtout à toute l’équipe. Spalletti leur dit : « Nous jouons un bon football, mais nous devons augmenter notre charisme, notre capacité à être incisifs quand le match est sur le fil ». »
Cette théorie soulève toutefois une dernière contradiction, résumée sèchement par le journaliste Franco Ordine. Si l’entraîneur nourrit de tels doutes sur la capacité de finition de son équipe, la responsabilité incombe à la direction sportive. « On découvre seulement maintenant que Kolo Muani n’a pas joué depuis deux ans ? », a-t-il interrogé sur le plateau. « L’erreur vient de toi [Spalletti] qui as insisté pour l’avoir. »

