Dans une Juventus enrichie en talents offensifs, Weston McKennie conserve une place particulière. Son importance tient surtout à un rôle hybride que peu d’autres peuvent remplir.
Weston McKennie n’est peut-être pas le joueur le plus technique ni le plus spectaculaire de la nouvelle Juventus, mais il reste l’un des plus difficiles à remplacer. À l’approche du déplacement à Frosinone, la plupart des quotidiens italiens qui présentent les équipes-type du Calcio le placent au cœur du 4-2-3-1 de Luciano Spalletti. Dans les projections récentes, l’entraîneur toscan semble orienté vers un milieu à deux (souvent composé de Manuel Locatelli et d’un autre profil) avec l’Américain positionné un cran plus haut, juste derrière Kolo Muani, et flanqué de Francisco Conceição et Kenan Yildiz.
Un rôle qui change de nature selon les phases
L’intérêt de McKennie ne réside pourtant pas seulement dans cette position de départ. Sous Spalletti, il a développé une fonction hybride, déjà soulignée la saison précédente par des observateurs comme Andrea Stramaccioni. Lorsque la Juventus possède le ballon, McKennie évolue comme un véritable numéro 10 ou second attaquant, occupant les espaces laissés libres par les ailiers, attaquant la surface et multipliant les courses. Dès que l’équipe doit défendre, l’Américain glisse vers le côté droit en position de mezzala ou de milieu supplémentaire pour densifier la couverture. Cette capacité à donner une flexibilité asymétrique au système de Spalletti est fondamentale.
Le facilitateur indispensable des talents offensifs
Cette polyvalence devient encore plus précieuse avec l’accumulation des profils créatifs. Yildiz et Conceição ont besoin d’une grande liberté pour provoquer des un-contre-un et créer des déséquilibres, tandis que Kolo Muani doit pouvoir concentrer son énergie sur ses appels et son jeu de surface. Fort d’un excellent volume de jeu, d’une belle présence dans le domaine aérien et d’une grosse capacité de récupération, McKennie apporte la couverture défensive et le pressing nécessaires sans obliger les autres à redescendre trop bas. Il est l’un des rares profils capables de « payer » la taxe des libertés offensives accordées à ses coéquipiers.
Une valeur structurelle récompensée jusqu’en 2030
C’est ce qui explique pourquoi l’Américain, doté d’une formidable force d’adaptation et d’un leadership certain, continue de traverser les époques. Il a survécu à deux passages de Massimiliano Allegri, à Thiago Motta, à Igor Tudor et s’impose aujourd’hui avec Luciano Spalletti. Preuve ultime que le club le considère comme un élément structurel et non plus comme une simple monnaie d’échange : sa prolongation de contrat jusqu’en juin 2030, officialisée au début de l’année 2026.
La valeur de McKennie est avant tout fonctionnelle. Dans une Juve qui veut retrouver des ambitions et un visage beaucoup plus porté vers l’avant, l’international américain n’est pas là pour faire le spectacle, mais il est précisément celui qui permet à tous les autres de l’être davantage.

