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Pourquoi la Juve veut remettre l’italianité au cœur du projet

La Juventus cherche à reconstruire son identité autant que son effectif. Dans cette réflexion, la place des joueurs italiens redevient un sujet central et stratégique.

La reconstruction de la Juventus ne passe pas uniquement par le mercato ou les choix tactiques de Luciano Spalletti. Le club cherche aussi à retrouver une identité plus claire, après plusieurs saisons marquées par les changements de direction et de philosophie. Dans cette réflexion, la place des joueurs italiens revient progressivement au premier plan, non pas comme un dogme, mais comme une nécessité institutionnelle.

Elkann et le retour aux sources

John Elkann a posé des mots très clairs sur ce sujet lors de la traditionnelle fête estivale du club, le 17 août dernier, en marge du match de la Next Gen. Le patron d’Exor a affirmé que la reconstruction « doit partir de l’Italie et de notre identité ». Une orientation qu’il a explicitement liée à la nomination de Giovanni Carnevali, décrit comme « un grand professionnel qui connaît parfaitement le football italien » et dont la vision s’aligne sur les ambitions du club.

Cette volonté, Michele Padovano la partage totalement. L’ancien attaquant bianconero milite depuis plusieurs mois pour la reconstitution de ce fameux « zoccolo duro italiano » (le noyau dur italien). Historiquement, sous Giovanni Trapattoni, Marcello Lippi, Antonio Conte ou lors du premier mandat de Massimiliano Allegri, les grands cycles de la Juventus ont toujours reposé sur un groupe de « sénateurs » italiens. Leur rôle ? Transmettre la juventinità aux nouveaux arrivants, leur expliquer la pression quotidienne et l’exigence absolue que requiert ce maillot.

Un effectif à équilibrer qualitativement

Aujourd’hui, si la Juventus compte encore un nombre significatif de joueurs nationaux dans ses rangs (Manuel Locatelli, Federico Gatti, Daniele Rugani, Andrea Cambiaso, Fabio Miretti, Guglielmo Vicario, Michele Di Gregorio, Mattia Perin ou Carlo Pinsoglio), le vestiaire manque parfois de leaders culturels historiques capables de faire ce relais. Une lacune d’autant plus visible que le mercato a apporté une forte vague de recrues étrangères (Kerim Alajbegovic, Jhon Lucumi, Kolo Muani, Zeki Celik) qui n’ont pas encore les codes de la maison turinoise.

Un outil de travail pour Spalletti

La réflexion prend donc tout son sens dans le projet actuel. Luciano Spalletti doit intégrer rapidement ces nouvelles recrues, développer des jeunes et créer d’urgence une culture commune. Dans ce contexte, disposer de joueurs italiens capables d’agir comme des courroies de transmission devient un véritable outil de travail pour le staff technique, accélérant l’adaptation globale et évitant de devoir repartir de zéro à chaque transfert.

L’italianité souhaitée par Elkann ne doit donc surtout pas être comprise comme un simple repli nationaliste. Elle représente plutôt une tentative pragmatique de restaurer un socle culturel interne après des années d’instabilité. Pour redevenir durablement compétitive, la Juventus veut évidemment recruter les meilleurs profils disponibles, quelle que soit leur nationalité. Mais elle souhaite ardemment que ceux qui arrivent comprennent beaucoup plus vite où ils mettent les pieds.

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