La Juventus s’apprête à tourner une page. Il ne s’agit plus de réclamer du temps sous couvert de reconstruction, mais d’imposer enfin une dynamique durable avec des exigences sportives élevées.
C’est une saison aux contours inédits qui s’ouvre pour la Juventus. Privée de Ligue des champions, confrontée à un marché estival encore perfectible et à quelques interrogations au sein de son effectif, la Vieille Dame avance sans filet. À Turin, la période d’indulgence touche pourtant à sa fin. Comme le résume parfaitement Tuttosport, l’heure n’est plus à la théorie de l’« année zéro » : cet exercice 2026-2027 doit marquer le coup d’envoi officiel de l’« année un ».
La fin des excuses de l’« année zéro »
La nuance a toute son importance. L’étiquette d’« année zéro » a trop souvent servi d’amortisseur pour pardonner les incohérences, les tâtonnements tactiques et les refontes à répétition. La Juventus en a usé jusqu’à la corde. Désormais, le contexte a changé. Successeur d’Igor Tudor en cours de saison dernière, Luciano Spalletti entame cette fois la compétition après avoir dirigé une vraie préparation estivale. Le technicien italien travaille avec un groupe qu’il façonne depuis plusieurs mois, balayant d’un revers de main l’argument du « train pris en marche ».
Au centre du projet, Kenan Yildiz fait figure de symbole intouchable. Autour du jeune crack turc, la direction a opéré une profonde mue. Les arrivées de Guglielmo Vicario dans la cage, de Jhon Lucumi et Zeki Celik en défense, de Kerim Alajbegovic à la création, combinées au retour de Kolo Muani aux avant-postes, apportent une ossature toute neuve. Même si quelques chantiers restent en suspens à l’approche de la fin du mercato (à l’image de la piste Franck Kessié ou de la quête d’un latéral gauche), la base de travail est en place.
Des ambitions assumées et une direction stable
Malgré cette phase de structuration, le discours institutionnel ne varie pas. John Elkann l’a récemment réaffirmé : la gagne demeure l’ADN de la maison. Cette « année un » ne saurait donc se résumer à une transition passive. La feuille de route est explicite : une qualification impérative dans le Top 4 de Serie A pour faire son retour en Ligue des champions, doublée d’un parcours ambitieux en Ligue Europa, une compétition à la portée des exigences turinoises.
Pour mener à bien ce cap, le club s’appuie sur une gouvernance apaisée. Plusieurs figures historiques interrogées par Tuttosport placent d’ailleurs Spalletti au rang des garanties majeures. Alessio Tacchinardi rappelle ainsi l’avantage crucial de débuter un championnat dès le premier jour, tandis que Nicola Legrottaglie salue la synergie entre le banc et le comex. Le triumvirat formé par Giovanni Carnevali, Frederic Massara et Luciano Spalletti offre enfin une cohérence décisionnelle qui faisait défaut ces dernières années.
Les critères d’une « année un » réussie
Le bilan de cette campagne s’évaluera donc sur des éléments tangibles. Pour transformer l’essai, la Juve devra imposer une identité de jeu affirmée — fondée sur l’intensité, le pressing haut et la possession chers à Spalletti — tout en fixant une hiérarchie claire pour rompre avec l’instabilité des compositions. Réussir cette saison ne signifiera pas forcément rattraper l’Inter du jour au lendemain. Il s’agira surtout d’afficher une progression constante et une maturité collective capables d’encaisser les tempêtes sans tout remettre en chantier tous les six mois.












