Les blessures de Manuel Locatelli et Khephren Thuram obligent Luciano Spalletti à regarder bien au-delà de sa hiérarchie habituelle. Douglas Luiz et Teun Koopmeiners forment aujourd’hui le tandem le plus évident, McKennie et Sarr doivent encore retrouver leur pleine disponibilité et Owusu reste une solution très jeune. Dans ce contexte, une option beaucoup plus inattendue existe : faire reculer Nico Gonzalez au milieu de terrain.
Une «mezzala», qu’est-ce que c’est exactement ?
En italien, la mezzala désigne traditionnellement l’un des deux milieux placés de chaque côté du joueur axial dans un milieu à trois. Ce n’est donc ni un véritable ailier, ni un numéro 10, ni un milieu défensif. Son rôle consiste à occuper le demi-espace entre le centre et le côté, accompagner les attaques, se projeter dans la surface tout en participant au travail de récupération.
C’est précisément ce qui rend l’idée Nico intéressante. L’Argentin a l’habitude de partir d’un côté, possède le volume pour multiplier les courses et peut attaquer la surface sans devoir rester collé à la ligne. Avec le ballon, sa position de départ serait plus basse qu’à l’aile. Sans ballon, il devrait en revanche accepter davantage de responsabilités dans le replacement et la fermeture des espaces.
Spalletti l’a déjà rapproché du milieu
Cette possibilité n’est pas totalement théorique. Spalletti a déjà utilisé Nico plus bas dans une organisation proche du 4-3-3, notamment lorsque la structure de son équipe demandait un milieu capable de se projeter.
Cela permettrait surtout à l’entraîneur de modifier la physionomie de son équipe sans rechercher un remplaçant poste pour poste de Locatelli ou Thuram. Avec Douglas Luiz davantage chargé de l’organisation, un profil comme Nico pourrait apporter les courses que la Juventus a perdues avec l’absence du Français.
Une solution de secours, pas une reconversion
Le risque serait néanmoins évident. Utiliser Nico comme mezzala dans une équipe très offensive impose énormément de discipline, particulièrement lorsque le ballon est perdu. La Juventus a justement souffert lorsque son milieu s’est retrouvé trop étiré et que les adversaires ont pu attaquer les espaces laissés derrière.
Spalletti ne semble donc pas préparer une reconversion permanente. Nico représente plutôt une carte tactique supplémentaire, utilisable selon l’adversaire ou l’évolution d’un match.
Et dans une période où chaque milieu disponible devient précieux, cette polyvalence prend soudainement beaucoup plus de valeur. La crise actuelle pourrait ainsi conduire Spalletti à demander à un ailier de remplir temporairement l’un des rôles les plus typiquement italiens : celui de mezzala.












