Le décor change, les entraîneurs passent, mais la Juventus semble régulièrement rattrapée par le même problème. Depuis le début de la préparation estivale, 18 blessures ont déjà été recensées, dont dix musculaires, pour 200 jours d’indisponibilité cumulés. Kenan Yildiz, Khephren Thuram et Manuel Locatelli ont même été opérés en l’espace de quelques jours. La nouvelle blessure musculaire de Jérémie Boga a encore renforcé cette impression d’une infirmerie qui ne désemplit jamais. Pourtant, chercher une cause unique serait trompeur.
Toutes les blessures ne racontent pas la même histoire
Le premier piège consiste à mettre chaque absence sur le compte de la préparation physique. Les cas actuels montrent au contraire des mécanismes très différents. Yildiz s’est fracturé le cinquième métatarsien. Locatelli a subi un traumatisme contre Milan conduisant à une suture du ménisque externe. Thuram traînait une chondropathie rotulienne qui a finalement nécessité une opération, tandis que Boga souffre d’une lésion musculaire du biceps fémoral. Cabal a lui aussi été victime d’une lésion musculaire, au semi-membraneux.
Cela n’interdit évidemment pas de s’interroger sur la prévention. Dix des 18 blessures recensées depuis la reprise sont musculaires, un chiffre suffisamment important pour attirer l’attention. La charge d’entraînement, les temps de récupération, les changements de méthodes après l’arrivée d’un nouvel entraîneur ou encore les antécédents physiques de certains joueurs peuvent tous intervenir. Mais une fracture ou un traumatisme subi en match ne peut pas être analysé comme une lésion provoquée progressivement par la fatigue.
Le J|Medical n’est pas responsable de tout ce qui casse
Le J|Medical revient naturellement dans les discussions dès que l’infirmerie se remplit. Son rôle est pourtant avant tout de diagnostiquer, suivre les blessures et encadrer les processus de récupération. Boga et Cabal y ont ainsi passé leurs examens. Pour les interventions plus spécialisées, la Juventus s’appuie aussi sur des experts extérieurs : Locatelli et Thuram ont notamment été opérés à Lyon par Bertrand Sonnery-Cottet. Le responsable médical du club reste Luca Stefanini, mais la prévention physique implique également les préparateurs, le département performance et la gestion quotidienne des charges.
Il existe enfin un effet boule de neige difficile à mesurer mais impossible à ignorer. Plus l’effectif perd de joueurs, moins l’entraîneur peut faire tourner. Les disponibles accumulent alors davantage de minutes et les retours peuvent devenir plus importants pour maintenir la compétitivité. Avec déjà plus de quatre absents en moyenne par journée de Serie A depuis le début de saison, Spalletti travaille précisément dans cette configuration.
La Juventus possède donc bien un problème récurrent de disponibilité, sans qu’il soit possible de désigner un coupable unique. Malchance, traumatismes, pathologies anciennes, lésions musculaires et contraintes de calendrier se superposent. Le plus préoccupant est ailleurs : saison après saison, les entraîneurs bianconeri doivent à nouveau reconstruire leurs équilibres autour des absents. Et en septembre 2026, cette vieille histoire a déjà recommencé.

