Luciano Spalletti peut enfin commencer à réfléchir sérieusement à l’utilisation de Nick Woltemade. Après plusieurs journées consacrées à son intégration physique, l’Allemand a effectué une séance complète avec le groupe. À la veille du choc face à Milan, il postule pour sa première apparition, posant les bases d’un nouveau chantier tactique pour l’attaque turinoise.
Deux attaquants, mais aucun véritable avant-centre
L’arrivée du géant allemand (1,98 m) laissait imaginer l’ajout d’un pur pivot dans la surface. L’analyse de La Gazzetta dello Sport et les propos de Luciano Spalletti dessinent pourtant une réalité bien différente : Woltemade et Kolo Muani partagent en réalité des caractéristiques très similaires. Ce sont deux attaquants atypiques, de véritables « neuf et demi » qui aiment déserter la surface pour participer au jeu.
Le technicien toscan est d’ailleurs le premier à dresser ce parallèle. « Woltemade unit deux mondes dans sa façon de jouer. Il est très doué pour venir jouer avec l’équipe, il est léger techniquement, sait venir combiner sur les trois quarts du terrain puis attaquer les espaces », a-t-il expliqué à Sky. Son diagnostic sur Kolo Muani est presque identique : « Kolo est excellent pour décrocher, il vient au milieu et devient presque un trequartista. » Malgré son gabarit imposant, l’ancien joueur de Newcastle assume ce style, lui qui n’a inscrit que 5 buts de la tête dans toute sa carrière professionnelle.
L’ultimatum de la finition et l’option du duo
Cette propension à décrocher pose un problème clair de présence dans la zone de vérité, un défaut déjà pointé face à Parme. Spalletti exige donc une évolution rapide. Si Kolo Muani a été piqué au vif en se voyant réclamer de « ramener du concret », le message envoyé à Woltemade est tout aussi limpide : « Le jeu de tête et la finition sont des matières qu’il devra, que ça lui plaise ou non, apprendre par cœur. »
L’idée d’associer ces deux profils mobiles pour priver les défenses de points de repère fait son chemin. Woltemade a d’ailleurs déjà évolué dans ce registre en soutien d’Anthony Gordon en Angleterre. Toutefois, face à l’AC Milan, cette association devrait rester une solution d’urgence en cours de match. Avec les absences prolongées de Kenan Yildiz et les incertitudes autour de Weston McKennie, Spalletti privilégie avant tout ce mot qui résonne comme un mantra à Turin : l’équilibre. Le chantier de la cohabitation est ouvert, mais il demandera du temps.

