Les vérités du président Andrea Agnelli

Le président Andrea Agnelli a accordé une longue interview au quotidien Tuttosport, s’attardant sur des sujets comme l’évolution du Calcio, les objectifs sportifs de la Juve, Calciopoli, l’avenir de Pirlo et Pogba. Voici les principaux passages :

ÉLIMINATION DE LA LIGUE DES CHAMPIONS – « Les responsables de l’UEFA nous ont dit que ce match devait se jouer et nous n’avons pas eu d’autre choix. Cette élimination nuit à l’image et aux finances du club. C’est vraiment dommage ».

CONTE – « Je suis très content de lui et il est très content de moi et de la Juventus. Je ne vois donc pas une Juventus sans Conte ».

PIRLO – « Andrea est ici chez lui et il le sait. La Juventus lui plaît et je sais que lui et Marotta se verront en février-mars pour définir les choses. Pirlo restera avec nous encore un peu de temps ».

POGBA – « Avant toute chose je tiens à préciser quelque chose : à Londres je parlais du football italien et non pas de la Juventus. Nous n’avons pas les ressources financières pour aller au-delà de certains chiffres ; nos chiffres ne nous permettent pas de rivaliser avec des réalités affirmées telles que le Real, Barcelone, le Bayern et Manchester United, ou encore au Psg, à Manchester City ou Chelsea. Dites-moi en Italie qui paye plus de cinq ou six millions de salaire à un joueur? Je préfère citer un de mes joueurs plutôt que le joueur d’un autre club. Pogba est considéré comme le prochain meilleur milieu de terrain au monde, je crois qu’il sera difficile de le conserver, mais nous prolongerons son contrat ».

LLORENTE-TEVEZ – « Je félicite encore Marotta, Paratici et Nedved qui ont su identifier ces opportunités. Ensuite, Conte a été exceptionnel en les valorisant. C’est une très bonne politique ».

MERCATO – « Pour moi le mercato se fait en juin. En janvier, on parle d’un mercato de réparation et à la Juve il n’y a rien à réparer ».

LE FUTUR DU CALCIO – « Nous voulons instaurer une nouvelle méthode de travail qui pourrait être appliquée, par exemple, pour réformer le championnat. Ce n’est pas mon initiative, mais celle de cette société. Je la définirais comme la première victoire de la Lega qui, grâce à cette méthode, s’est retrouvée avec un extra de 450 millions minimum sur six ans au niveau des droits tv. L’étape principale concerne les stades qui doivent être plus accueillants, plus lumineux, avec un manteau herbeux adéquat qui favorisera le spectacle. La structure sportive est fondamentale, comme le démontre notre stade qui nous a fait passer de 11 à 140 millions de recettes cette année. C’est un circuit vertueux qui nous permet de plus investir et qui permet de devenir un championnat plus attrayant. Aujourd’hui le Calcio est encore une destination de transition . C’est quelque chose qui se réalise sur du moyen-long terme».

CHAMPIONNATS – « Le résultat optimal est un tournoi à 18 équipes. Le niveau compétitif du championnat italien est le plus élevé au monde, un match facile n’existe pas. Ça permettrait d’éliminer les trois journées en semaine et ça permettrait aux équipes de s’entraîner un mois de plus. Pour y parvenir, il y a mille déclinaisons possibles mais la Lega, la Lega di Serie B et la Lega Pro doivent travailler de manière indépendante ».

CALCIOPOLI – « Il faut attendre le dernier degré de justice pour tirer des conclusions complètes. Aujourd’hui, nous sommes aux motivations du premier degré de la justice qui nous dit qu’un championnat n’était pas mis sous enquête et que l’autre n’était pas faussé. Attendons les motivations du deuxième degré pour être totalement conscients des raisons qui ont mené à de nouvelles condamnations. Nous ferons ensuite nos évaluations sur quel type de requête présenter sur base de l’article 39 pour la révision des procès sportifs. Nous devrons transmettre toute la documentation qui pourrait s’avérer être déterminante dans ce procès. Notre demande de 400 millions de dédommagement est toujours en cours. Malheureusement, d’un côté nous avons une justice sportive trop rapide, de l’autre une justice ordinaire trop lente ».

LES CURVE FERMÉES –« Il y a la lutte contre le racisme, qui est combattu par tous les moyens et sous toutes les formes, et il y a la discrimination territoriale, qui existe depuis au-moins 25 ans. Jusqu’à la fin du dernier championnat, on mettait les clubs à l’amende. Début août, de manière tout à fait improvisée, d’autres sanctions ont été approuvées par le Conseil Fédéral. Tout le monde a levé la main, c’était un vote unanime. Crier au scandale un mois après me paraît immature. Il faudrait d’ailleurs réfléchir sur le poids de la Serie A au Conseil Fédéral… Quant aux enfants, c’était une belle expérience, mais je préfère voir au stade des personnes qui ont payé leur ticket ».